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La voie de l’autonomie passe par les méteils


Après le pâturage tournant dynamique et le maïs humide, le Gaec de la Croix rouge mise sur les intercultures pour tendre vers plus d’autonomie. Méteil et couvert végétaux d’été font désormais partie du programme.

« C’est la deuxième année qu’on fait des méteils protéagineux. Avant d’être en zone vulnérable, on ne faisait pas de couverts végétaux », explique Mathieu Chauveau, le dernier installé au Gaec de la Croix rouge à Échemiré, en Maine-et-Loire. En réflexion sur l’autonomie alimentaire du troupeau, les associés s’interrogent et se documentent.

Le Gaec de la Croix rouge en chiffres 5 UTH et un apprenti BTS. 120 Prim’Holstein à 9 000 kg lait. SAU 205 ha, pratique le TCS depuis dix ans. 55 ha de prairie permanente, 25 ha prairies temporaires de trois ans, 34 ha maïs, 7 ha sorgho. 11,5 ha orge. 4 ha triticale. 0,80 ha épeautre, donné entier aux génisses de moins de 6 mois, 12 ha de méteil en dérobée, 9 ha de couvert d’hiver. Cultures de vente : colza 12 ha et blé 55 ha.

Ils choisissent d’adhérer au groupe Base et à l’association La Vache Heureuse (LVH). Ils découvrent une autre approche de l’agronomie et de la gestion des fourrages. Et se lancent dans des intercultures longues entre une céréale et un maïs, qu’ils récoltent en dérobée. « On a l’énergie avec le maïs, on recherche donc des protéines avec un méteil », raisonne Denis Chauveau, un des cinq associés du Gaec.

Pour Denis et Mathieu Chauveau, « la première idée était de mettre des couverts et de les récolter ». Maintenant, ils réfléchissent aussi à mettre des couverts agronomiques.

Beaucoup de légumineuses

En coup d’essai, ils implantent un mélange moitié céréales (avoine, triticale) et moitié légumineuses (pois, vesce et féverole). Mais cela ne suffit pas, « il n’y avait pas assez de matière azotée ». Ils optent donc l’année dernière, pour un mélange plus riche en légumineuses : 20 kg avoine, 8 kg de trèfle squarrosum, 30 kg de pois fourrager, 70 kg de féverole et 20 kg de vesce. Et c’est une réussite.

L’analyse du fourrage révèle une valeur alimentaire excellente : 43  % de MS, 16,8 de MAT, 100 de PDIN, 0,97 UFL. « On a récolté 6,5 t de MS/ha. » Une récolte qui aurait pu être retardée de dix jours pour gagner 2 tonnes de MS sans affecter la MAT selon les éleveurs. Mais les fenêtres de tir pour récolter étaient restreintes et le choix s’est porté sur la sécurité. Autre regret : « On a mis trop de squarrosum, il étouffe les vesces et les pois. L’année prochaine, on n’en mettra que 4 kg. »

Sécuriser le stock fourrager Cet été, les éleveurs vont semer un couvert complexe tout de suite après la récolte des orges : 12 kg d’avoine brésilienne, 8 kg de trèfle incarnat, 10 kg de vesce de printemps et 2 kg de radis fourrager. « C’est un mélange qui résiste à la sécheresse et qui pousse pendant l’été. » Si les conditions climatiques sont favorables, cette interculture sera récoltée une fois à l’automne, en enrubannage ou en ensilage. « On le donnera aux génisses pour éviter les concentrés. » Les repousses seront restituées au sol au printemps.

Un vrai semis

Coté implantation, les parcelles ont été déchaumées avec un outil à disques. « On alterne chaque année outil à disques et vibroculteur pour préparer les sols. » Le mélange a été semé le 20 septembre au combiné herse rotative semoir à céréales, à 2 cm de profondeur. « En semant tôt, l’avoine se développe rapidement. Elle couvre le sol et empêche le développement des mauvaises herbes. »

Les éleveurs achètent des semences certifiées en pur et choisissent leurs variétés, comme le pois Arkta non gélif par exemple. Ils sont également vigilants sur la préparation de la composition. « On prépare le mélange dans la bétonnière pour un hectare. On sème ensuite hectare par hectare pour assurer une bonne répartition des graines. » Ils ajoutent aussi de l’huile végétale pour homogénéiser le tout. Le semis est ensuite roulé, à la fois pour mettre les graines en contact avec la terre et pour enfoncer les pierres en vue de faciliter la récolte. Aucune intervention autre qu’un apport de 30 unités d’azote soufré à la sortie hiver n’est à prévoir sur la dérobée. « À l’avenir, on mettra du fumier à l’automne pour avoir une minéralisation plus longtemps. »

Quand les pois commencent à fleurir, le méteil est récolté en ensilage. Un maïs est implanté à la suite. « Comme il n’y a aucune restitution avec le méteil, on préfère mettre un maïs grain plutôt qu’un maïs ensilage pour laisser les résidus et ne pas pénaliser la céréale l’année suivante. » Sabine Huet





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